2025 04 02 mercredi 12h DZP

Jusqu'à présent, J'ai peu ou pas du tout parlé de la nuque en zazen. Le plus important est effectivement, dans un premier temps, de relâcher les hanches afin de pouvoir basculer le bassin pour que les genoux pressent le sol. Une fois que cela est possible, au moins un petit peu, et de plus en plus avec l'expiration, le sommet du crâne pousse le ciel.

Pour que le sommet du crâne puisse pousser le ciel, il faut prendre appui sur le sol et que la tête soit bien alignée dans l'axe des épaules, sans presser, comprimer la gorge. La technique est simple : on ramène la tête en arrière dans l'alignement des épaules, PUIS on rentre le menton.

Alors vous êtes comme un archer qui bande son arc. La posture est la corde.

Faites cela dans la détente, pas dans le contrôle du mental. Contrôler sa posture avec le mental, c'est du mental : il faut ci, il faut ça, il faut... c'est shiryo. Pourquoi pas, mais juste le temps d'aligner, juste de temps en temps. Fushiryo, on abandonne tout. Ishiryo, l'un et l'autre, l'un ou l'autre, ni l'un ni l'autre, peu importe.

Il y a une image de zazen que mon maître aime bien rappeler. Elle vient de maître Sokei-an, maître rinzai américain. Zazen c'est trancher sa tête et la poser sur le sol, à côté de soi. En cela, c'est inhumain. Mais il ne faut pas y voir une image de film d'horreur, c'est même rigolo, parce que la tête, elle continue à parler, dans le vide. Pour une fois, elle ne dirige pas le corps.

(Kinhin)

Pressez le sol avec la racine du pied avant, les deux pieds sont en contact avec le sol. Dans l'alignement des épaules, le sommet du crâne pousse le ciel. Relâchez les paupières, un filet de lumière suffit. Détendez-vous.

Avancez rapidement jusqu'à votre zafu.

(Zazen)

Relâchez les hanches, les aines. Ne forcez pas pour que le genou touche le sol. Le genou touche le sol parce que vous relâchez la hanche ; ça peut prendre 5, 10, 15 secondes. Il suffit de se concentrer sur la hanche qu'on sollicite.

Une fois le genou posé, posez le pied à terre. Ramenez bien votre zafu sous le périnée. Penchez-vous à gauche, à droite, toujours en vous concentrant sur cette première articulation vertébrale tout en bas. Vous ne cherchez pas à vous étirer, vous vous relâchez pour que cette articulation vertébrale soit mobile. Vous relâchez les épaules, vous ramenez vos mains dans le mudra, et vous pouvez de nouveau expirer deux, trois fois avec le mental.

Phénomène et essence s'emboîtent parfaitement. (strophe 11)

C'est cela l'objet de notre étude, de notre attention en zazen.

Phénomène (san), essence (do), ensemble et pas ensemble (strophe 5), existant de toute éternité et à la fois fugace et successif.

Tout le Sandokai nous prie de nous concentrer sur cela.

Nous et pas nous, humain et inhumain. Shakyamuni était à 100% un être humain mais aussi un bouddha, c'est à dire un humain éveillé, pour autant qu'il ne s'agit justement pas d'un éveil personnel, mais bien celui de nous tous, du cosmos entier.

Lors de l'ordination, le maître, le godo, tient lieu de Bouddha. On dit que la dernière mèche, c'est Bouddha, avec un B majuscule qui la tranche. Un maître a ses défauts, le moine a ses défauts, et pourtant, il peut pratiquer la plus haute voie. On a une vie de famille et pourtant, on peut mener la vie de shukke, la vie de moine, la vie de celui qui a renoncé à sa famille.

Dernière édition le 2025-04-18 16:22

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Stéphane Chevillard est l'auteur de ces pages.
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