2025 10 22 mercredi 12h DZP
Maître Tozan peut dire :
Minuit est la vraie lumière.
Car en pleine nuit, nous devons lâcher nos peurs, marcher avec confiance, mais aussi avec attention sur le mètre carré environnant. On n'a pas l'illusion du self-control, de la toute-puissance. Ainsi, maître Tozan, dans la strophe 9 de l'Hokyo Zanmai, nous dit :
Même si c'est sans conscience, ce n'est pas sans langage.
On ne peut pas contrôler les mille et un détails de la posture, on ne peut pas avoir conscience de chacun d'eux. Mais en veillant sur l'un d'eux, on veille sur l'ensemble. Ainsi, zazen peut être le centre de notre vie, le centre de notre journée. C'est ainsi que maître Dogen, plus tard, passera de l'étude de soi à l'oubli de soi, en passant par la certification par toutes les existences.
Naturellement, inconsciemment, automatiquement, l'homme, la femme de la voie n'est plus captivé par la multiplicité, la complexité. Quand il est face à un autre, il est en empathie avec cet autre. Quand il n'y a pas d'autre devant lui, il est indifférent à l'autre.
(kinhin)
Les deux jambes sont droites, c'est-à-dire que pour la jambe avant, le genou est tiré vers l'arrière, et la jambe arrière reste droite tout en étant détendue. Bien sûr, la posture de kinhin n'est pas du tout naturelle, on ne va pas se balader dans la rue en posture de kinhin.
(zazen)
Même si c'est sans conscience, ce n'est pas sans langage.
En effet, il n'est pas nécessaire de quitter le social pour pratiquer la voie. Bien que nous soyons au-delà des mots, nous continuons à lire les textes zen. Bien que nous soyons tous absolument égaux, nous avons besoin d'un petit peu de hiérarchie fonctionnelle. Bien que l'enseignement soit universel, qu'il ait toujours été le même, il s'adapte à chaque époque, voire à chaque instant. C'est pourquoi maître Deshimaru disait que nous avons besoin des critiques, que les grands maîtres étaient critiques : Bouddha, Jésus ont été critiques de leurs contemporains. Nous-mêmes avons besoin d'être critiques envers nous-mêmes et envers ceux qui se présentent à nous. Droite ou gauche ? Continuer ou s'arrêter ?
Ainsi, dōshu1, l'expression de la voie, est loin d'être seulement les mots, mais aussi nos manières, notre posture, notre voix...
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道 取 ↩