2025 12 10 mercredi 12h DZP
Avant de reprendre l'Hokyo Zanmai, on va attaquer les go-i, et on va commencer par la dernière strophe, la cinquième. Bien qu'elle soit le dernier degré, le summum, c'est la plus simple.
Ken chu to. Atteindre l'unité.
Qui oserait vous égaler ?
Vous qui ne tombez ni dans l'être, ni dans le non-être.
Tout le monde veut quitter le courant ordinaire ;
Mais vous, après tout, vous revenez vous asseoir parmi les braises et les cendres.[1]
Il paraît qu'on a tous la nostalgie du ventre maternel. Pourtant, les bébés, une fois qu'ils sont nés, bien que la vie soit difficile, sauf pour de malheureuses exceptions, on ne peut pas dire qu'ils paraissent malheureux.
Areu, areu. Ils imitent les adultes. Areu, areu. Malgré tout, ils s'expriment. Et comme dit, maître Deshimaru, seule la mère les comprend, de par leur intimité, de par leur intuition. C'est cela, i shin den shin. C'est ainsi qu'il faut comprendre les kusens qui ne sont que des areu areu[2].
On ne fera pas kinhin, donc si vous voulez changer de jambe, vous pouvez. Et que le deuxième kyosaku, bien sûr, vérifie qu'il n'y a pas un retardataire qui attend.
Dans Les oreilles de l'âne, Kodo Sawaki écrit :
Notre vie est le voyage de la solitude. L'homme fort et vrai, la femme forte et vraie, braves et grands, n'ont pas besoin de l'aide d'autrui. Ils ne la souhaitent pas. Nous devons devenir notre véritable nature. Nous devons pénétrer cette véritable nature et marcher fermement sur le chemin.
Et il finit précisément par :
Il n'y a qu'un seul moi, il n'y a pas de deuxième moi sous mon moi.[3]
Les bébés n'ont pas de problème d'identité, ils n'ont pas de problème avec la solitude, juste s'il y a besoin, ils crient plus fort.
Qui peut prétendre vous égaler,
Vous qui n'êtes tombé ni dans l'être, ni dans le non-être.
Tout le monde veut quitter le courant ordinaire,
Mais vous, en fin de compte, vous revenez vous asseoir parmi les braises et les cendres.
Atteindre l'unité.
[1] Traduction basée sur deux américaines (Miura/Sasaki et Cleary), voir https://en.wikipedia.org/wiki/Five_Ranks.
[2] Areu, areu est la traduction française de baba wawa de la strophe 11 de l'_Hokyo Zanmai, voir Commentaire de l'Hokyo Zanmai de maître Deshimaru, intégrale 1, p. 128.
[3] Ibidem, p. 46.