2026 02 04 mercredi 7h30 DZP
(kinhin)
Que ce soit en zazen ou en kinhin, on connaît bien l'importance de la détente, de ne pas vouloir construire la posture par la volonté, par les gros muscles, mais bien plutôt par un jeu de placement, d'équilibre. Ainsi l'activité de l'éveil se fait, l'énergie du haut tombe en bas. On presse de plus en plus le sol avec la racine du gros orteil avant ; on presse de plus en plus avec la racine du pouce gauche sous le sternum.
Baissez les paupières ; on n'a rien à regarder dans le dojo.
(zazen)
Autant l'ouverture des hanches en zazen, la bascule du bassin, est facile une fois qu'on a compris la posture. Seulement de temps en temps, corriger la tête, car elle a toujours tendance à tomber en avant ; alors, ramenez-la en arrière, puis rentrez le menton, afin que la nuque touche le col du kimono.
Dans mes lectures sur l'étude des go-i, un de ses commentateurs cite ce petit poème de Changsha Jingshen.
Un être éveillé est assis au sommet d'un mât de 100 pieds.
Il s'est engagé sur le chemin, mais il n'est pas encore authentique.
Il doit faire un pas du haut d'un poteau de 100 pieds.
Et alors les mondes des dix directions formeront son corps tout entier.
Ce commentateur, un moine d'une lignée rinzoto, cite ce poème pour illustrer l'importance de l'ignorance, qui est un thème des go-i, de l'Hokyo zanami, tous deux de maître Tozan, et du Sandokai de maître Sekito, à travers notamment l'image de la nuit noire.
Cette ignorance n'est pas qu'un enseignement théorique, il s'agit d'avoir un zazen actif, un zazen puissant qui nous échappe, qui fait que, malgré notre mental développé, celui-ci tombe avec toutes ses catégories.
Hier, Philippe parlait de la simplicité de shiki soku ze ku, simplicité étant facilité. Il disait qu'en revanche ku soku ze shiki n'est pas si évident. C'est là que se trouve la valeur des anciens, du maître, car comme me disait un taïko, un codiciple plus ancien que moi : « être à côté de Philippe, c'est facile. »