2026 02 04 mercredi 12h DZP
A la 3ème veille, avant que la lune ne s'éclaire,
Ne soyez pas étonné que nous nous rencontrions sans nous connaître,
Car dans notre coeur, se cache encore la beauté d'autrefois.
Le deuxième go-i continue ainsi :
Une vieille dame ignorante se retrouve devant un vieux miroir,
Bien qu'elle voit clairement une image,
Ce n'est pas du tout sa vraie figure,
Néanmoins, elle ignore sa vraie figure et ne connaît que cette image.
Zazen ne nous montre pas notre beauté d'autrefois. On ne peut voir au mieux que notre ego du moment. En cela, notre pratique n'est pas une connaissance de soi.
(kinhin)
Concentrez-vous sur l'expiration. L'expiration est plus longue que l'inspiration, comme en zazen. C'est pour cela, que le petit pas est vif, soudain, direct. Le pied se soulève d'un millimètre et avance directement d'un demi-pas. Et l'on revient à une longue expiration.
(zazen)
Dans le Shodoka, il est écrit :
La nature réelle de notre ignorance n'est autre que notre nature de Bouddha.
Nous pourrions dire également « La nature réelle de l'obscurité n'est autre que notre nature de Bouddha. »
Dans le zen, nous ne comblons pas le vide. Nous ne cherchons pas non plus à nous améliorer. Tout à l'heure, je parcourais la biographie du pape François. Il disait que même pape, il n'a pas avancé seul, qu'il a été maintes fois aidé par des gens, et notamment par des gens qui n'allaient pas à l'église, ou très peu, mais qui étaient simplement bons, droits, justes.
En effet, la religion n'est pas là pour nous dire ce qui est bien ou mal, pour hiérarchiser les bons et les mauvais. Ainsi, maître Dogen n'a pas amené le bouddhisme au Japon. Il y existait déjà bien avant, comme en Chine, bien avant Bodhidharma. Maître Dogen avait à cœur d'enseigner ce que maître Nyojo lui a révélé : la pratique-réalisation.
C'est notre grand bonheur que de pratiquer ; et c'est aussi notre grand bonheur que de quitter le dojo et retrouver le monde social, le monde de la lumière.
Il n'y a que notre société de maintenant pour vouloir parquer les vieilles personnes comme étant inutiles. La vieille dame, c'est quelqu'un de rusé, qui, a toute l'expérience d'une vie entière derrière elle ; elle ne se laisse plus piéger par l'image du miroir. Seules les vieilles dames marchent dignement vers la mort, enfin, celles qui ne fuient pas leur ignorance.