2026 03 04 mercredi 12h DZP
Il n'est pas nécessaire d'éviter le croisement des épées, nous dit le quatrième go-i de maître Tozan. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être Bouddha pour pratiquer la voie. Il n'est pas nécessaire d'avoir un un ermitage à la campagne pour pratiquer la voie.
(kinhin)
Maître Dozan continue son go-i par :
Les mains habiles sont comme le lotus dans le feu.
Elles s'élèvent directement vers le ciel.
Bien que dans la forme, les mains sont en kinhin, unies en un seul poing qui presse un point précis sous le sternum ; nous nous élevons bien vers le ciel directement, à chaque expiration, le sommet du crâne pousse le ciel. La main droite épouse la forme du poing gauche. La difficulté de kinhin, c'est faire en sorte que les avant-bras soient parallèles au sol, tout en relâchant les épaules. Il y a une souplesse que, par la pratique, vous acquerrez.
(zazen)
Maître Tozan est assez rassérénant. Dans le troisième go-i, il était question de poussière ; elle n'est pas un problème, car on peut en sortir. Il y a des interdits, des tabous... « épouse-les !» nous dit maître Tozan. « C'est ainsi que tu pourras dépasser ta condition humaine. »
Les épées se croisent, les égos s'arc-boutent, ce n'est pas non plus un problème. Les mains sont habiles car indépendantes de l'égo. En sesshin, on peut bien l'expérimenter. Ne cherchant plus à protéger sa vie, on peut enfin la vivre pleinement.
Toutes ces phrases zen, ces poésies, ces scénettes peuvent paraître paradoxales, étranges, venant d'un temps ancien. Que ce soit la pratique ou l'étude, la voie est incompréhensible au frontal, lui qui n’orchestre que des objets. Les mains sont habiles parce qu'elles sont directement connectées au cœur-esprit assis.