2026 03 11 mercredi 12h DZP

(pas de kinhin)

Qui oserait vous égaler ?

demande maître Tozan.

Vous qui ne tombez ni dans l'existence, ni dans la non-existence.

Vous qui avez cessé de construire, vous qui n'êtes pas inactif pour autant1.

Ne faites pas de bruit, s'il vous plaît. Comme toujours, cette règle n'est pas tant pour ne pas déranger les autres, mais pour garder le contrôle de vous-même.

Tout le monde veut quitter le courant ordinaire.

Continue maître Tozan. Ce désir de transcendance est universel. Tout le monde veut être différent, tout le monde veut plus que ce qu’il a.

Bien sûr, il y a le samsara psychologique2, et aussi le samsara biologique3. Les monothéismes promettent la vie éternelle après la mort. Le chamanisme et les spiritismes ouvrent les portes du monde invisible. Dans le bouddhisme, on peut trouver un peu de tout ça.

Mais vous, tout compte fait, vous revenez vous asseoir parmi les braises et les cendres.

C'est ainsi que maître Tozan conclut sa première série de go-i.

Cette strophe s’intitule :

Atteindre l'unité.



  1. Ce vers évoque certainement aussi les questions pour lesquelles le Bouddha ne donnaient pas de réponses. Par exemple : Le Bienheureux répondit: « Ô Kaccäyana, les gens s’intéressent le plus souvent à ces deux opinions extrêmes : l’existence et la non-existence [du monde]. (...) Les gens, ô Kaccäyana, se réfugient le plus souvent dans des idées d’appropriation et ils sont habitués à s’attacher aux objets sensoriels. Cependant, l’être noble ne se réfugie pas dans des idées d’appropriation ni ne s’attache aux objets sensoriels en disant : “Ceci est mon Soi”, mais, il réfléchit : “S'il y a quelque chose qui arrive à exister, ce n’est autre que [le phénomène appelé] *dukkha ; s’il y a quelque chose qui cesse d’exister, ce n’est autre que [le phénomène appelé] dukkha. L’être noble qui réfléchit ainsi n’est plus dans le doute ni dans la perplexité. Car il le comprend lui-même sans se relier à la parole de quelqu’un d’autre. À ce point, Ô Kaccäyana, cette compréhension vécue constitue “le point de vue correct.” (in Les entretiens du Bouddha de Môhan Wijayaratna, Point Seuil, p. 232). 

  2. Le samsara est le cycle des existences conditionnées. Le bouddhisme distingue 6 principales « destinées » ou « classes d’êtres » animés, issues de la perception et in fine du karma. Les infernaux se caractérisent par la colère et la haine, les gakis par l’avarice et l’avidité, les animaux par le stress et la crainte, les asuras par la jalousie et l’ambition, les dieux par la béatitude, et les humains par la possibilité de s’éveiller (Voir Cornu, p. 562-566). 

  3. L’alternance des états du corps : naissance-mort, santé-maladie. 

Dernière édition le 2026-04-07 19:57

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Stéphane Chevillard est l'auteur de ces pages.
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