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réflexions de la grande assise

2026 09 13 dimanche 11h DZP

La méthode de zazen est se laisser absorber par l’expiration, c'est ce que l'on appelle le samadhi.

Vous constaterez que lorsqu’on part dans ses pensées, puisque la posture de zazen est une posture d'équilibre, le bassin repart en arrière, la tête tombe en avant, les doigts s'affaissent. Alors on revient à la posture. On bascule le bassin vers l'avant, c'est-à-dire en ramenant le poids de son corps au niveau du périnée et des genoux. On se redresse. On ramène la tête en arrière, on rentre le menton. On reforme un beau mudra et on expire.

Il n'y a rien d'autre. Dans trente ans, ce sera la même pratique. La différence sera que vous aurez fait ça régulièrement, peut-être, chaque jour de votre vie.

Alors, vous verrez qu’en dehors du dojo, c'est exactement la même chose.

(kinhin)

La jambe avant est tendue, ramenez bien le genou vers l'arrière, et la jambe en arrière est détendue mais le talon touche également la terre, elle sert juste de balancier.

Baissez les paupières, il n'y a rien à regarder, laissez juste un filet de lumière.

La courbure de la colonne se fait naturellement entre le sommet du crâne et la racine du gros orteil.

Suivez la personne qui est devant, jusqu’à ce que vous retrouviez votre zafu.

(zazen)

Pour la deuxième mi-temps de zazen, vous pouvez changer de jambe, c'est-à-dire que celle qui était en haut passe en bas et vice-versa.

Dans l'Hokyo Zanmai de maître Tozan, il y a une très belle image de zazen :

La rencontre de l'oblique et du droit.

Chaque individualité est une oblique. Le droit, c'est l'absolu, c'est l'instant présent, la réalité. Alors, il est normal qu'il y ait un choc dans la pratique. C'est l'humain qui rencontre le non-humain.

L'humain adore vivre dans les catégories. Il en construit même pour s'en évader. Même nous, dans le bouddhisme, il y a ça : samadhi, non-pensée… La liste est longue.

Chez nous, c'est très simple : on élève l'action du moment en absolu. Il n'y a rien de plus important que ce que nous faisons ici et maintenant.

Kyosaku !

Pour les personnes qui découvrent la pratique, rassurez-vous, si vous entendez le kyosaku claquer, c'est seulement pour les personnes qui le demandent.

Mondo :

Bodhisattva :

J’ai mon épaule qui monte tout le temps en zazen, ça fait un moment. J’ai beau la relâcher, elle remonte. J’y pense tout le temps, rien n’y fait. Je ne sais plus quoi faire. Je me demande si ce n’est pas trop réfléchir à la position ? C'est quoi la bonne approche ?

Godo :

T'as tout dit. C'est exactement ça. Si on reste bloqué sur « il faut que je garde la posture. Ah, il faut que je me détende. Il faut, il faut, il faut… », ce n'est qu’enchaîner des pensées.

C'est un peu difficile parce que lorsqu’on commence en tout cas, on apprend la posture donc on est obligé d’être dans un self-control, mais dès qu'on connaît suffisamment la posture, il faut l’abandonner et être vraiment dans l'expiration. C’est elle qui nous amène à la non-pensée.

Même si on a une posture pas terrible ou que sais-je, ce n’est pas si important. On est ce qu'on est, voilà.

Avec l'expir, il se passe quelque chose. Et encore, après comme disait maître Deshimaru on repart quand même dans les pensées ou bien on s'endort. Dans tous les cas on tombe, alors on se réveille et on se redresse.

Donc c'est exactement ce que tu as dit. Et c'est pour ça, souvent, il y a des gens qui nous quittent parce qu'ils pensent ainsi : « Ça fait deux ans (les plus futés voient la problématique plus tôt, d’autres c'est au bout de dix ans), je ne m'améliore pas, zazen ne sert à rien. » Eh bien oui, c’est vrai. Ils n’ont rien compris de la profondeur de zazen.

Car ce n'est pas non plus atteindre à tout prix la non-pensée ou une superbe posture. Comme tous les mots, c'est juste des directions.