2025 11 19 mercredi 12h DZP
L'une des définitions que mon maître utilise souvent pour zazen, c'est « se mettre face à soi-même ». Une des choses qu'on enseigne aux personnes qui débutent, c'est justement la posture qui est une technique pour cela, arrêter de regarder à l'extérieur de soi, arrêter de se divertir. C'est la grande difficulté de la pratique. C'est pour ça qu'on dit qu'il faut être un minimum équilibré pour pratiquer zazen. Il faut avoir un ego fort.
De même que c'est parce que nous sommes forts que nous pratiquons zazen, c'est parce que nous sommes libres que nous pratiquons zazen, contrairement à ce qu'on peut entendre partout.
(kinhin)
Ne bougez pas pour laisser passer le godo entre vous. Vous, vous faîtes kinhin ; c'est au godo et aux kyosakus de se faufiler entre vous.
(zazen)
Je reprends l'Hokyo zanmai1 :
Même si c'est sans conscience, ce n'est pas sans langage.
Comme en vous contemplant dans le miroir, la forme et le reflet se regardent.
Vous n'êtes pas le reflet, mais le reflet est vous.
Tout le monde a fait cette expérience d'être face à son miroir et de se regarder. Soit on cherche ses boutons, soit on compte le nombre de ses rides. Soit on plonge son regard dans son propre regard, et ça c'est très déconcertant.
La forme et le reflet se regardent.
Vous n'êtes pas le reflet.
Le reflet est vous.
C'est comme les biologistes qui utilisent des microscopes électroniques. Ils sont face à des nuages de points à interpréter. J'avais un ami qui était laborantin en Suisse, il faisait son doctorat et c'était son boulot, de relier les points pour voir ce qu'il y avait à voir.
C'est pas que zazen nous donne l'objectivité du réel. Zazen, c'est arrêter de vouloir relier les points. On ne cherche pas à voir Bouddha. On accepte le chaos. On accepte les illusions, c'est-à-dire ce que notre karma nous pousse à voir. Lorsqu'on débute, la plupart d'entre nous voyait des formes sur le mur, et qui peuvent être assez psychédéliques, mais très vite on passe à autre chose.